INTRODUCTION
Avant toute chose, les évidences doivent être dites, d'autant plus lorsqu’elles sont le fruit d'une histoire complexe. L'expression CGT-Force ouvrière ne signifie nullement une alliance des confédérations CGT et Force ouvrière, mais bien au contraire une division. Cette organisation à part entière, est née de la scission de la CGT, en 1947, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
La classe ouvrière ne trouve sa liberté de revendication qu'à partir du 21 mars 1884 avec la loi Waldeck-Rousseau reconnaissant les syndicats professionnels.
Or, "la réalité a devancé le droit"[1] car l’interdiction n'a pas empêché les ouvriers angevins de créer des chambres syndicales. Les ardoisiers de Trélazé, par exemple, ont mis en place officieusement une chambre syndicale dès 1880[2].
Suit la création des Bourses du travail. Celle d'Angers est mise en place le 18 mars 1892[3]. En 1895, elle adhère à la toute jeune Confédération générale du travail, qui voit le jour lors du congrès de Limoges.
A l’époque, cette confédération est composée essentiellement de militants de tendance anarchiste animant le mouvement syndicaliste révolutionnaire, dont la doctrine est développée en 1906 lors du congrès d'Amiens, dans une motion qui deviendra la fameuse charte du même nom. Celle-ci souligne la nécessité : "d'une œuvre revendicative quotidienne pour des améliorations immédiates, la préparation de l'émancipation intégrale par l'expropriation capitaliste grâce à la grève générale, l'indépendance du groupement corporatif par rapport aux partis politiques"[4]. Elle prend toute son ampleur dans les années qui suivent. C'est là un texte fondamental sur lequel est basé le syndicalisme angevin. D’ailleurs en mars 1906, André Bahonneau, militant anarcho-syndicaliste, est élu secrétaire général de la Bourse du Travail d'Angers[5].
Le principe de l’indépendance syndicale est au cœur de toutes les tensions tournant autour de la légitimité de la CGT. Dès 1909, des divergences naissent au sein de l'organisation et des affrontements ont lieu entre les tendances réformistes et révolutionnaires. Accusant le coup d'une transformation des moyens de production, la CGT va se déchirer lors d'une première scission en 1921. La Première Guerre mondiale ayant amplifié les contradictions, la majorité réformiste, derrière son meneur Léon Jouhaux, se rallie à l'Union sacrée, tandis qu'une minorité se dresse contre la guerre. Naît alors la Confédération générale du travail unitaire (CGTU), dominée par les communistes. Au cours de notre étude, nous utiliserons le terme d’“ex-unitaires”, pour désigner les militants proches des communistes et d’“ex-confédérés” ou “réformistes” (à l’échelle nationale) pour désigner ceux qui récusent cette proximité au sein de la confédération ouvrière avant 1947.
Nous ne pouvons pas encore parler de particularité française à l'époque, mais dès 1919, le mouvement syndical est divisé. Les syndicats chrétiens, instaurés déjà depuis 1887, se rassemblent dans la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC).
En 1936, les menaces du fascisme et la crise économique provoquent un rapprochement des partis politiques de gauche dans le Front populaire et un rapprochement de la CGT et de la CGTU sur le plan syndical. Les deux UD du Maine et Loire fusionnent le 26 février 1936[6]. Mais, suite à l'échec retentissant de la CGT lors de la grève du 30 novembre 1938 contre les décrets-lois Daladier remettant en cause les quarante heures, la tension monte entre confédérés et unitaires. Ces derniers, acceptant la signature du pacte germano-soviétique en 1939, sont exclus de la confédération. La majorité quant à elle, adhère en grande partie aux idées diffusées dans le journal Syndicats, dirigé par René Belin. La division est de nouveau à l'ordre du jour. La situation est identique dans le Maine et Loire, le secrétaire général de l'Union départementale Louis Bertron, dénonce la signature de ce pacte et se réclame de la tendance Belin.
Le 3 septembre 1939, la France déclare la guerre à l’Allemagne mais l’effondrement militaire dès l’année suivante face à la puissance nazie provoque la chute de la IIIe République, le 10 juillet 1940. L'une des premières mesures prises par le gouvernement de Vichy est la dissolution des confédérations syndicales, CGT et CFTC, le 16 août 1940. Le droit syndical est revu par une loi adoptée le 4 octobre 1941, la charte du travail.
Le mouvement syndical ne possède plus de représentation interprofessionnelle légale, seules les fédérations d'industries et les branches professionnelles sont autorisées, selon la volonté d’un retour au système des corporations.
La CGT s'organise alors dans la clandestinité et l'accord du Perreux conclu le 17 avril 1943 matérialise la réunification de la confédération. Les communistes, dont le parti est interdit depuis le 26 septembre 1939 pour cause d'approbation de l'entente entre les dirigeants de l’URSS et de l'Allemagne, oeuvrent dans les groupements de la Résistance après la rupture par Hitler du pacte germano-soviétique. Cet engagement entraîne leur montée en puissance au sein de la CGT, puisque leur participation active dans la clandestinité et l'émergence d'un accord autour du programme du comité national de la Résistance leur offre une nouvelle légitimité. Ce pouvoir de séduction accru se répercute sur les effectifs à la Libération, qui accusent une croissance impressionnante.
La liberté syndicale est rétablie par une ordonnance du 27 juillet 1944, « reconnaissant les organisations syndicales existantes en septembre 1939, leurs biens et leurs attributions »[7]. La charte du travail est abolie, mais pour autant toutes les mesures prises pendant cette période ne sont pas abandonnées et nous pouvons nous interroger sur leur incidence sur la pratique syndicale d’après-guerre, notamment en Maine et Loire.
La politique d'épuration menée par les comités départementaux engendre un véritable renouvellement des responsables à la tête des Unions départementales, entraînant un certain nombre de conséquences dont il est indispensable de mesurer l’ampleur[8].
Outre le souci de faire place nette, des préoccupations vitales majeures occupent tous les esprits. La pénurie alimentaire ne cesse pas dès la Libération, bien au contraire, elle se poursuit au moins jusqu'à l’année 1949. Le problème du ravitaillement et la lutte pour la revalorisation des salaires vont être les premiers combats à mener pour un mouvement syndical à peine réorganisé.
Le rapprochement des mouvances au sein de la CGT, concrétisé dans la clandestinité, se maintient jusqu'au mois d’octobre 1945. La lutte contre le fascisme et la libération du pays est un point qui solidarise les tendances toujours vives au sein de l'organisation. Mais à partir de septembre 1945 et jusqu'à 1947 un désaccord s'installe, extériorisé en premier lieu par la manière de répondre à la double question au référendum du 21 octobre 1945.[9] Ce sont donc des différends d’origine politique essentiellement qui vont être à la base des dégradations des relations entre les tendances.
L'année 1947 concrétise la division de la CGT. L'exclusion des ministres communistes du gouvernement Ramadier le 5 mai 1947 et les grèves de septembre, suivies avec prudence par la CGT qui craint les provocations, apportent des éléments de discordes. Mais, la rupture ne sera consommée qu'à la fin de l'année.
L’ambiance est de plus en plus tendue, résultat de la création du Kominform le 5 octobre pour mettre en œuvre la politique de Staline et du refus, corrélatif, du plan Marshall par la CGT, ainsi que de l'engagement des militants ex-unitaires dans les grèves de novembre-décembre, alors que les réformistes tentent de freiner le mouvement.
Les groupes des "Amis de Force ouvrière", réunis autour du journal Force ouvrière depuis la fin de 1945, tiennent une conférence les 8 et 9 novembre 1947 à Paris, salle Lancry, et rappellent le principe de respect de la démocratie syndicale et de la charte d'Amiens. Une deuxième conférence tenue le 18 décembre, salle des Horticulteurs, décide le départ de la fraction réformiste de la CGT[10].
Comment s'est déroulée cette scission en Maine et Loire ? Les conditions étaient-elles similaires ? Quelles ont été les conséquences de cette rupture sur le mouvement syndical dans le département ? C'est pour répondre à ces questions, entre autres, que je me suis intéressée à l’histoire de l'Union départementale CGT-Force ouvrière. Cette réflexion a mûri lors du classement d'une partie du fonds d'archives de l’organisation, réalisé dans le cadre de cette maîtrise d’Histoire. La reconnaissance du type d'archives, le classement et la rédaction de l'instrument de recherche ont fait l'objet d'investigations parallèles pour définir le syndicalisme et sa pratique.
Au bout de 3 mois et demi de travail, 11 mètres linéaires d’archives couvrant une période de 20 années, de 1948 à 1968, ont été classés. Ces documents correspondent au secrétariat général de deux hommes : Raymond Patoux (1948-1956) et Jean Garnier (1956-1968). Ce fonds offre un intérêt particulier pour la recherche. Peu lacunaire, les procès verbaux des réunions des organes dirigeants, les comptes rendus de congrès, les livres de comptabilité et le journal interne permettent de retracer la vie de cette Union départementale.
Un premier repérage m’a vite permis de remarquer la spécificité de cette UD. J’ai donc orienté mes recherches dans cette direction et porté ma réflexion sur la manière dont naît et évolue l’Union départementale CGT-Force ouvrière de Maine et Loire, sous le secrétariat général de Raymond Patoux (juin 1948-avril 1956). Il s'agit bien là d'une étude centrée sur l'organisation interprofessionnelle et non sur les syndicats qui adhèrent à celle-ci. De ce fait, nous nous intéresserons essentiellement à son fonctionnement et à son activité en tant que telle, sans nous appesantir sur ceux des syndicats, mais sans les occulter par ailleurs.
L'un des premiers problèmes auxquels j’ai été confrontée concerne le choix du terme à utiliser pour désigner le sujet de mon étude. Bien que peu nombreux, les différents ouvrages concernant cette confédération utilisent tous des expressions différentes : CGT-Force ouvrière, Force ouvrière, FO. Il était nécessaire d’opérer un choix et c'est le terme de CGT-Force ouvrière que j'ai retenu en m'inspirant des statuts de la confédération.
Pourquoi ces bornes chronologiques ? Très vite attirée par l’événement essentiel que semblait être la scission de la CGT, il me fallait en savoir plus et donc creuser cet aspect relativement tabou de l’histoire de cette confédération en général et de celle de la confédération CGT-Force ouvrière en particulier, notamment en Maine et Loire. L'année 1948 a été retenue, plutôt que celle de 1947, car elle correspond à la date du congrès constitutif de la confédération sur le plan national et de celui de l’UD à l’échelle locale, qui officialise la situation créée de fait, à la fin de l'année précédente. D’autre part, les archives étant assez complètes et abondantes pour la période correspondant au secrétariat général de Raymond Patoux (celui-ci de surcroît étant encore en vie), il semblait cohérent d’exploiter en profondeur ces documents au lieu de tendre à la dispersion.
Il s’agit tout d'abord de replacer cet événement dans le contexte local de l'après-guerre pour bien saisir son enjeu dans le département, les conditions et l'ambiance dans lesquelles il s'est déroulé. Nous pourrons nous interroger également sur l’impact de cette rupture sur la classe ouvrière et sur le mouvement syndical angevin.
Intriguée par les thèmes récurrents et les idées développées par les militants, plus que par l'activité de l'organisation qui somme toute est celle de l’ensemble des Unions départementales, quelle que soit leur appartenance confédérale, il me semblait être indispensable de s’attarder sur la spécificité de cette UD dans toute sa subtilité.
S'intéresser à l'histoire d’une expression syndicale dans un département implique bien sûr d’en cerner l'impact et l'assise en étudiant l'évolution des effectifs et les résultats de différentes élections professionnelles et sociales. Les chiffres recueillis permettent d'en mesurer l'ampleur jusqu'au congrès d'avril 1956. Cette date concrétise la fin du secrétariat général de Raymond Patoux qui part s’installer dans la région parisienne pour des raisons personnelles.
Pour mener à bien cette réflexion, il était nécessaire d’exploiter différentes sources d'informations.
S’il existe une pléthore d'ouvrages sur l'histoire du syndicalisme et du monde ouvrier, sur l'histoire de la CGT et de la CFDT, ceux concernant la CGT-Force ouvrière sont très peu nombreux, se résumant en fait aux travaux d'Alain Bergounioux et à quelques contributions au sein d'ouvrages collectifs. Ne pouvant m’appuyer sur des publications spécifiques, les lectures complètes ou partielles de différents ouvrages plus généraux évoquant la vie de cette institution ont dû être multipliées.
Quelques indications précieuses sur l'histoire du syndicalisme dans le département ont été relevées dans des ouvrages d'histoire et de géographie locale, et dans différents travaux universitaires, notamment des mémoires de maîtrise d’Histoire.
Hormis ces publications, la consultation de différents fonds d'archives m'a permis d'aborder le sujet avec différents points de vue. Pour mener à bien mon travail, j’ai exploité en particulier le fonds de l'UD CGT-Force ouvrière classé dans la première partie de l’année, ce qui m'offrait l'avantage de bien le connaître. La consultation de documents produits et reçus par l'UD CGT avant la scission a été un bon complément, rendant compte du fonctionnement et de l'évolution des relations des militants au sein de cette structure jusqu’à 1947. Ce fonds est conservé par l'UD CGT-Force ouvrière suite à une décision de justice rendue dans le cadre de l'attribution des biens consécutivement à la scission ; décision qui a engendré de vifs mécontentements, comme nous le verrons. Un classement de ces archives a été réalisé par Jacques Bouvet en 1991 dans le cadre d'un DEA d'Histoire, ce qui facilite les recherches.
Pour donner du sens à cette étude, il me fallait connaître la perception et le regard des militants de la CGT sur cette division et sur les relations entretenues avec la nouvelle organisation. J'ai donc pu consulter les procès verbaux des réunions des organes dirigeants, les comptes rendus de congrès, les circulaires et tracts de l'UD CGT après la scission.
Aux Archives départementales du Maine et Loire, les archives du cabinet de la préfecture offrent quelques renseignements concernant la situation économique et sociale du département rapporté au préfet par la commission départementale du travail et de la main d'œuvre d'une part, et d'autre part, des renseignements concernant les différentes organisations syndicales les plus actives dans le département. Ces documents permettent d'avoir, sinon un avis objectif, au moins le point de vue d'une autorité publique. J'ai épluché également quelques journaux, afin de mesurer l'importance prise par la division de la première centrale syndicale française dans la presse locale, à savoir dans Le Courrier de l'Ouest, mais aussi dans l'organe du Parti communiste, Le Ralliement et celui de la SFIO, L'Effort Social. Ces deux partis étant plus ou moins liés aux deux tendances en question à l’échelle nationale, il semble intéressant de s’interroger sur les liens effectifs entres ces structures dans le département.
Une Union départementale, ce n'est pas seulement et simplement une structure, mais c’est aussi et surtout des femmes et des hommes qui la font vivre et qui animent le mouvement syndical. Ces personnes s'investissent dans une lutte qui occupe, pour certaines, une bonne partie de leur temps et de leur vie.
Or, il est essentiel de considérer « les sources orales […] comme des instruments de recherche à part entière »[11] dans ce milieu, où beaucoup de sentiments et de décisions sont échangés verbalement et ne sont pas systématiquement rapportés dans les documents écrits. C'est pourquoi, il m’a semblé indispensable de rassembler les témoignages de ces militants, ayant eu des responsabilités au sein de l'UD au moment et à la suite de la scission de la CGT et pouvant relater la vie de cette organisation jusqu'en 1956.
Plusieurs obstacles ont du être surmontés pour y parvenir. En effet, les personnes aptes à répondre à mes interrogations étaient plutôt des militants qui, du fait de leur engagement, auraient vécu pleinement les différents événements de l’époque. Or ces militants étaient d’un âge mûr au moment des faits, il y a plus de cinquante ans, et la plupart d’entre eux sont décédés depuis ou en mauvaise santé. Les entretiens que j'ai pu réaliser n'ont de ce fait, aucunement la prétention d'être représentatifs.
En contre partie, j'ai eu la chance de pouvoir m'entretenir avec Raymond Patoux, un des principaux fondateurs et animateurs de la CGT-Force ouvrière, en tant que secrétaire général de l'UD, mais aussi en tant que militant.
Par ailleurs, j'ai pu rencontrer Henri Marchais du syndicat des ardoisiers de Trélazé et Louis Bellanger du syndicat des cheminots d'Angers qui se sont prêtés au jeu de l'interrogatoire et m'ont fait part de leurs souvenirs. Malheureusement ceux-ci se sont quelque peu évadés au fil du temps et les propos se sont modérés avec la prise de recul. Les dénonciateurs des sources orales récusent l'irrecevabilité des témoignages oraux due au « handicap de “l'a posteriori” : qu'elle que soit l'apparence de l'archive provoquée (archives orales, témoignages oraux, archives autobiographiques écrites), elle a toujours été constituée plus ou moins longtemps après l'événement et est donc comptable de tout ce qui a été dit ou écrit a posteriori »[12]. Il est évident qu'en discutant avec des personnes d'un âge avancé, je me trouvais devant ce fait et devant les effets pervers de la mémoire qui naturellement opère des sélections et s'amenuise au fil des années, plaçant les individus dans « l'incapacité de dater précisément les événements »[13] par exemple.
Or de ces défaillances volontaires ou non, il est possible de tirer une réflexion tout aussi riche. Le non dit ou l'erreur deviennent alors intéressants, en partant du principe que « l'idée consiste cette fois-ci non pas tant à vouloir atténuer ou à faire disparaître le handicap de l'a posteriori, considéré comme une tare, qu'à le considérer au contraire comme une richesse et à en apprécier toutes les conséquences »[14].
De ce fait, il sera intéressant d'analyser la réticence de Germaine Gourdon du syndicat des postiers d'Angers à discourir sur des événements dont elle n'estime n'avoir « ni de souvenirs ni d'anecdotes »[15].
En outre, j'ai entrepris des démarches auprès de responsables de l’UD CGT de Maine et Loire afin de rencontrer des militants cégétistes ayant vécu la scission, mais l’on m’a informé que ceux-ci étaient décédés, malades, qu'ils avaient perdu la raison ou encore, qu'ils n'avaient pas de responsabilités à cette époque (des réponses qui m'étaient également fournies chez les militants CGT-Force ouvrière). Cette entreprise n'a donc malheureusement pas abouti.
Il est à noter que les discussions avec les militants Force ouvrière ont été enregistrées sur des cassettes audio qui sont jointes au fonds classé, elles ont été cotées afin de faciliter la recherche des citations utilisées dans ce mémoire[16].
Des contacts pris avec Michel Dreyfus, responsable des travaux sur les militants syndicalistes de la CGT et de la CGT-Force ouvrière, pour l'élaboration des notices biographiques du Maitron[17] concernant la période postérieure à 1940, vont peut-être aboutir à la rédaction de certaines d'entre elles, notamment celle de Raymond Patoux. A cet effet, un certain nombre de renseignements a été recueilli au cours de mes recherches.
La guerre puis la Libération vont donner un caractère particulier au mouvement syndical, et aux organisations qui l'animent. Nous allons tenter d'en mesurer les conséquences en Maine et Loire dès à présent[18].
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[1] René Mouriaux, Le syndicalisme en France depuis 1945, Paris, La Découverte (coll. Repères), 1994, p. 5.
[2] François Lebrun, Histoire d'Angers, Toulouse, Privat, 1984, p. 337.
[4] Voir annexe 2 p. 198.
[5] François Lebrun, Ludovic Ménard (1855-1935), enfant de Trélazé et fondateur du syndicalisme ardoisier, Trélazé, p. 36.
[6] Christine Bard, « Syndicats » dans Jacques Maillard (ss dir. de), Angers, XXe siècle, Angers, ville d'Angers, 2000, pp. 291-296.
[7] René Mouriaux, Le syndicalisme …, op. cit., p. 12.
[8] Ce sujet délicat pose un réel problème de conscience et engendre un malaise au sortir de la guerre. Cf. l’excellent ouvrage de Jean-Pierre Le Crom, Syndicats, nous voilà ! Vichy et le corporatisme, Paris, Editions de l’Atelier, 1995, pp. 365-376.
[9] Le référendum comportait deux questions portant sur : 1). la nécessité ou non d'une assemblée constituante, 2). l'approbation ou la désapprobation de l'organisation provisoire des pouvoirs publics proposés par le gouvernement. Le courant unitaire de la CGT, et le PCF, se prononce en faveur du "oui-non", tandis que les réformistes se prononcent pour le "oui-oui" de peur que les communistes ne dominent l'Assemblée constituante.
[10] Une chronologie sommaire en annexe 1 p. 197 reprend les dates essentielles.
[11] Florence Descamps, L'historien, l'archiviste et le magnétophone, de la constitution de la source orale à son exploitation, Comité pour l'histoire économique et financière de la France, Paris, Ministère des finances, p. 477.
[12] Florence Descamps, L’historien, … op. cit. p. 495.
[15] Entretien téléphonique avec Germaine Gourdon, le 12 mars 2003, à son domicile. Il n’existe pas d’enregistrement pour cet entretien.
[16] Les deux premières lettres correspondent aux initiales du témoin, le chiffre qui suit correspond au numéro de la cassette et la lettre A ou B, correspond à la face, par exemple : RP1A indique qu’il faut se référer à la cassette n°1 correspondant à l’enregistrement de l’entretien de Raymond Patoux, face A. En revanche, MA signifie mineurs des ardoisières, l’entretien avec Henri Marchais s’étant déroulé en présence de plusieurs ardoisiers. Cf. Manuella Noyer, Répertoire numérique détaillé des archives de l’Union départementale CGT-Force ouvrière de Maine et Loire, 1948-1969, université d’Angers, 2003, p. 92.
[17] Il s’agit du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français (DBMOF), plus couramment appelé le Maitron, compilant les notices biographiques des militants les plus actifs dans l’animation du mouvement ouvrier depuis 1789. Cf. www.maitron.org.
[18] Précisons dès maintenant que la numérotation des notes de bas de page reprend à 1 au début de chaque partie.