Fernand Pelloutier
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Etude
[publié le 15/06/2006 - Lu 2553 fois]

5. La préparation du congrès
Syndicalisme, anarchisme et anarcho-syndicalisme en débat au Congrès Anarchiste d?Amsterdam en 1907
par Ariane Miéville
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La volonté d’établir des relations durables entre les anarchistes des différents pays, qui s’était manifestée autour du congrès manqué de 1900, est aussi à l’origine de celui d’Amsterdam. Les sources disponibles montrent que nous n’avons pas affaire à un mouvement structuré qui décide périodiquement de se réunir, mais à une initiative qui part de quelques groupes et qui se propage ensuite.

L’idée du congrès, nous dit-on, était née « presque simultanément, dans l’esprit des compagnons belges et hollandais. Dès sa fondation (1905) la Fédération des communistes libertaires de Hollande avait émis le vœu de voir s’établir entre les anarchistes des relations internationales. Ce vœu, le jeune groupement communiste libertaire de Belgique songeait de son côté à le réaliser »[1].

Pour les Hollandais, nous avons affaire à une douzaine de groupes. Ceux-ci ont en commun un périodique bimensuel, Vrije Communiste (le communiste libre, de La Haye). Depuis la fondation de la Fédération, ils se sont réunis deux fois en assemblées générales, à Utrecht, le 23 septembre 1906 et à Haarlem, le 28 avril 1907. Les membres de la Fédération sont « partisans de l’action collective ». Ils se déclarent à la fois « anarchistes, communistes et syndicalistes »[2], mais ils ne représentent qu’une minorité des anarchistes hollandais. Un intervenant au congrès, G. Rijnders, déclare à ce propos « que les groupes non fédérés sont beaucoup plus nombreux que les groupes fédérés »[3].

Le problème était le suivant : F. Domela Nieuwenhuis, le plus populaire des anarchistes hollandais[4], était devenu assez individualiste. Il était favorable aux groupes libres et indépendants, ne coopérant que pour des objectifs concrets et opposé à une organisation anarchiste nationale. D’autre part, la première centrale ouvrière hollandaise (NAS), de tendance syndicaliste révolutionnaire, avait connu un important échec[5] en 1903 et ses effectifs avaient fondu (10.526 membres en 1902, plus que 3.250 en 1906). Dès 1906, le NAS doit aussi faire face à une nouvelle centrale syndicale concurrente, fondée par les syndicats socialistes liés au parti social-démocrate hollandais. Celle-ci, très réformiste, voit ses effectifs augmenter rapidement. Or les militants la Fédération des communistes libertaires de Hollande étaient justement ceux qui s’employaient à stimuler le NAS par leur propagande et leurs travaux théoriques.

Les membres du groupement communiste libertaire de Belgique (GCL) sont aussi partisans de l’organisation « bien que convaincus qu’une organisation quelconque ne possède en elle-même, qu’une force émancipatrice relative »[6]. Le GCL est lui-même constitué de plusieurs sections et « chaque section se réunit au moins une fois par mois. Le GCL se réunit en assemblées générales au moins une fois par an »[7]. Constitué en 1905 lui aussi, il publie un organe hebdomadaire L’Émancipateur[8].

La pression d’anarchistes individualistes[9] semble moins forte en Belgique qu’en Hollande. Le syndicalisme n’est pas mentionné par les Belges; l’objectif déclaré du GCL étant la propagande communiste-anarchiste. Toutefois le rapport présenté au congrès signale qu’Henri Fuss, de Liège, publie l’Action directe, unorgane de propagande syndicaliste-révolutionnaire. Or c’est le même Henri Fuss qui prend la responsabilité de publier le bulletin de propagande gratuit pour le congrès.

Outre les Belges et les Hollandais, les premiers groupes qui adhèrent au projet[10] sont la Fédération anarchiste d’Allemagne, la Fédération anarchiste de Bohème et la Fédération des anarchistes parlant le jeddish (yiddish) de Londres.

Ici une remarque d’ordre général s’impose. L’initiative part de groupes jeunes, d’orientation anarchiste communiste, partisans de l’organisation et du syndicalisme. Elle touche, dans un premier temps, des fédérations qui ont certes un certain poids, mais qui sont relativement « périphériques » et dont l’influence extérieure est limitée, ne serait-ce que pour des raisons de langues[11]. En tout cas l’initiative ne vient pas des têtes de file de l’anarchisme. Elle ne vient pas non plus des pays du sud de l’Europe où les groupes sont traditionnellement plus importants.

Cornélissen s’exprime sur ce point, dans un appel lancé dans l’Almanach de la Révolution : « je suis sûr d’être l’interprète des camarades qui concourent à l’organisation du congrès si je déclare que nous ne pourrions être plus heureux que de voir en 1907, à Amsterdam, les pays méridionaux nous donner encore une fois le bon exemple de l’élan révolutionnaire et libertaire, et de rencontrer autant de camarades français, suisses, espagnols, italiens que d’Allemands, d’Anglais, de Belges, de Hollandais ou de Tchèques »[12].

L’attente est particulièrement manifeste vis-à-vis de la France. « Nous comptons vivement, dans les pays du Nord, que les groupes communistes anarchistes, les syndiqués révolutionnaires, les délégués de colonies communistes, des journaux et revues libertaires, etc. viendrons aussi de tous les côtés de la France (souligné par nous) en nombre considérable »[13] ajoute-t-il.

 

Un objectif du congrès : créer une internationale

 
L’objectif poursuivit s’affiche dans le titre même du bulletin de propagande, publié par le Belge H. Fuss, puisque celui-ci s’intitule Bulletin de l’internationale libertaire. Son premier éditorial adressé « aux anarchistes » affirme que « l’Internationale libertaire sera créée d’ici quelques mois » même si « seul le congrès d’Amsterdam aura qualité pour l’édifier et lui donner les formes et l’allure qui lui conviennent »[14]. Cette façon de proclamer les résultats d’une rencontre avant qu’elle n’ait lieu fut diversement appréciée. Les individualistes de Paris, par la voix de L’Anarchie ne manquèrent pas de relever la contradiction et de railler l’enthousiasme des Belges en déclarant « voilà donc le congrès d’Amsterdam mué en Père Éternel. (…) sa baguette magique sera la majorité. Lui seul à qualité pour codifier libertairement. A quand les prochaines exclusions »[15]. Plus sérieux, Amédée Dunois signale aux Belges qu’ils anticipent les résultats du congrès et leur reproche aussi de vouloir « s’assigner pour objet l’organisation de toutes pièces (et par en haut, ce qui est bien un peu gouvernemental !) d’une Internationale nouvelle… »[16].
 
 

Le nom du congrès

 
Dans ce même article, Dunois soulève un autre problème, celui du nom que les organisateurs veulent donner au congrès : « congrès ouvrier libertaire et communiste international ». Pour Dunois, « ce titre est long (…) vague ; voulant embrasser trop, il étreint mal ». De plus « l’adjectif libertaire ne manque pas seulement de bravoure mais de netteté et de force ». Il exprime aussi « une objection plus grave. — Est-il exact que le congrès anarchiste d’Amsterdam sera un congrès ouvrier ? Pas le moins du monde. Il viendra à Amsterdam des congressistes de toutes les classes (...). Les questions qu’on y débattra, ne seront pas spéciales aux travailleurs (...). Ainsi ni par sa composition, ni par son objet, le congrès d’Amsterdam n’aura le « caractère ouvrier ». (...) Le congrès anarchiste international d’Amsterdam ne réunira pas les délégués d’une classe, mais les militants d’une idée »[17].

Les remarques de Dunois semble avoir eu un écho, puisque c’est le titre « congrès anarchiste » qui est finalement adopté. Mais évoquons d’abord la chronologie des changements de nom.

Dans le Bulletin de l’Internationale libertaire n° 2, de novembre 1906, il est d’abord question d’un « congrès anarchiste international ».

Cornélissen, dans son article pour l’Almanach illustré de la Révolution, parle d’un « congrès ouvrier révolutionnaire et libertaire international »[18], soit le titre du congrès de 1900 avec le mot « libertaire » en plus; ce qui témoigne de sa volonté d’inscrire cette rencontre internationale dans la continuité de celles auxquelles il avait participé antérieurement. « En 1907, il s’agira de continuer l’œuvre entreprise en 1900, c’est-à-dire de discuter des rapports venus de tous les coins du monde (…) et de chercher ensemble les meilleurs moyens de propagande révolutionnaire et libertaire »[19].

La dénomination : « congrès ouvrier libertaire et communiste international » apparaît dans le supplément au bulletin n° 3, de février 1907 et c’est à partir du bulletin n°4, de mai 1907, que le titre « congrès anarchiste international » est définitivement adopté.

 

Anarchiste ou libertaire ?

 
Les mots ne sont pas neutres et ils n’ont pas le même sens suivant qui les utilise. Nous avons vu ci-dessus que le nom d’anarchiste fut attribué aussi bien aux communistes-anarchistes, disciples de Bakounine et de Kropotkine, qu’à des socialistes révolutionnaires qui ne s’identifiaient pas nécessairement à cette appellation.

Nous constatons maintenant que certains anarchistes se moquent du projet d’Internationale défendu par des groupes libertaires, alors que des fédérations anarchistes y répondent favorablement. Essayons de comprendre les enjeux du problème.

Une clé nous est donnée, une fois encore, par Cornélissen. Dans un article écrit en 1905, il nous explique pourquoi les membres de la nouvelle Fédération des communistes libertaires de Hollande ont renoncé à s’appeler anarchistes. « Les révolutionnaires hollandais, pour la plus grande partie accepteraient volontiers ce titre; dans le pays, ils sont désignés sous le nom « d’anarchistes » par tous leurs adversaires. Et de même que les « gueux » acceptaient volontiers jadis l’épithète que leurs ennemis leur avaient lancée, personne de nous ne s’opposerait au titre d’anarchiste (...). Mais nous avons en Hollande des « anarchistes » de toutes nuances : des anarchistes mystiques, tolstoïens et chrétiens; des anarchistes individualistes; autant de fractions différentes qui n’ont avec les aspirations et la tactique de propagande des révolutionnaires communistes que très peu d’analogie ». C’est donc pour « préciser plus encore le caractère du nouveau mouvement [que] les promoteurs de l’entente se sont qualifiés de Communistes libertaires »[20].Tout au long de son article, il insiste sur la nécessité d’organiser le mouvement ouvrier dans une perspective révolutionnaire et il fustige l’esprit individualiste, facteur de désorganisation, d’abord des syndicats, puis du mouvement libertaire et révolutionnaire en Hollande[21].

La jeunesse libertaire italienne ressentit, elle aussi, la nécessité de mettre en rapport le titre donné au congrès et le rejet de l’individualisme, mais pour elle, l’utilisation du terme libertaire ne facilitait pas spécialement la compréhension. Voici de qu’elle en dit : « Le qualificatif de « libertaire », ajouté à ce congrès ne doit pas engendrer d’équivoque. Il est maintenant avéré que la grande partie des anarchistes sont communistes (désignés communément en Italie sous le nom de socialistes-anarchistes) et que seulement un nombre très restreint d’individus professent encore un anarchisme tout à fait propre et original, (...) qui accepte bouche bée, sans les comprendre, les abstruses définitions de Nietzsche et de Stirner et qui (...) proclame infaillible son propre dogme... »[22]

En choisissant l’adjectif libertaire pour désigner leur propre fédération, les compagnons hollandais voulaient donc se différencier d’autres anarchistes. C’est pour cela qu’ils souhaitaient organiser un congrès libertaire international. Sans doute voulaient-ils aussi que ce congrès soit un congrès ouvrier, afin d’encourager les syndicalistes du NAS, en leur faisant rencontrer d’autres ouvriers libertaires.

Les termes « anarchiste » et « libertaire » bien que souvent synonymes ne recouvrent pas, dans le cas qui nous intéresse, les mêmes réalités. Le terme anarchiste apparaît comme plus vaste, puisqu’il peut être appliqué aussi bien aux individualistes, aux adversaires de l’organisation qu’à ses partisans. En l’utilisant, en convoquant un congrès anarchiste, on ratissait plus large, on revendiquait la légitimité, l’héritage de tout le mouvement.

En revenant à la remarque de Dunois, nous voulons bien admettre que l’adjectif anarchiste peut être considéré comme plus subversif, plus prestigieux, plus révolutionnaire... mais certainement pas qu’il embrasse bien ou qu’il étreint mieux que celui de libertaire. C’est plutôt le contraire, pour la Hollande en tout cas. Le congrès anarchiste allait-il répondre aux attentes des libertaires hollandais ? C’est ce que nous essaierons de voir maintenant.

 


[1] Congrès anarchiste tenu à Amsterdam..., op. cit., p. 7.

[2] Ibid., p. 23.

[3] Ibid., p. 27.

[4] Le représentant de la Fédération I. I. Samson, reconnaît dans son rapport que le journal appartenant à Domela Nieuwenhuis, le Vrije Socialist (le socialiste libre) est « de beaucoup le plus connu de nos journaux », ibid., p. 23.

[5] En janvier 1903, une grève des cheminots, avait aboutit à une victoire éclatante. « Le succès de la paralysie de la circulation sembla justifier les idées anarchistes au sujet de la grève générale ». Mais le gouvernement réagit en proposant des lois interdisant la grève dans les chemins de fer et autres services publiques. La grève générale, lancée en avril de la même année, échoua et les lois furent adoptées. De nombreux militants perdirent leur emploi. D’après Rudolf de Jong, Le Mouvement social, n°83, op. cit., pp. 171-172.

[6] Selon les « déclarations et commentaires du G.C. L. de Belgique » publiées in Bulletin de l’Internationale Libertaire, Herstal-Liège, n°1, octobre 1906.

[7] Ibid.
[8] Ibid.

[9] Leur existence est mentionnée en une phrase. « En dehors du G.C.L., il existe une colonie libertaire à Stockel-Bois; deux petites feuilles de langue française, mensuelles, et deux bi-mensuels flamands. D’autre part, certains camarades, tout en étant adversaires de l’organisation, ont organisé une bibliothèque à Verviers. » Ibid.
Il existe une description assez cocasse de la colonie libertaire de Stockel, dont Émile Chapelier, l’un des participants du congrès, était le promoteur. Fondée en 1905, il s’agissait d’une colonie agricole, mais elle ne comptait pas un seul paysan, tous ces membres étaient « d’honnêtes ouvriers ». La production « allait cahin-caha (...) [mais] le travail de la terre se révélait rebutant au point que plusieurs colons se découvrirent une soudaine vocation artistique. Plutôt que de manier la bêche et le râteau, ils entreprirent de décorer au pinceau des assiettes, achetées au rabais (...). Bourgeois et curieux visitaient volontiers la colonie communiste (...). Les visiteurs étaient reçus comme autant d’adeptes possibles. On leur servait des tartines de pain bis, du fromage blanc, des radis, des oignons et, les principes s’opposant à toute activité mercantile, chacun après avoir mangé et parfois empaqueté une assiette décorée de symboles parlants, versait sa contribution dans un tronc préparé à cet effet. (...) nombre de visiteurs considéraient l’expérience comme une plaisanterie ou une attraction foraine (...) [et] limitaient leur contribution à quelques boutons dont ils s’étaient munis au préalable ». L’expérience s’acheva lorsque le propriétaire « apprit quel nid de serpents occupait le domaine dont il était maître, il signifia aux anarchistes l’ordre de déguerpir dans les délais légaux. Ce fut la fin. » Jean de Meur, L’anarchisme ou la contestation permanente, Essai, Bruxelles, Pierre de Méyère, 1970, pp. 55-57.

[10] C’est-à-dire les signataires de la première circulaire de convocation. Celle-ci, datée de décembre 1906-janvier 1907, a été imprimée en sept langues : français, anglais, allemand, hollandais, espagnol, italien et espéranto. Selon A. Dunois, Les Temps nouveaux, n°42, 16 février 1907.

[11] Exception faite des relations entre les Allemands de souche et les immigrés allemands principalement aux États-Unis.

[12] Almanach illustré de la Révolution, Paris, 1907, pp. 39-41.

[13] Ibid.

[14] Bulletin de l’Internationale Libertaire, n°1, op. cit. L’article dont nous tirons cette citation n’est pas signé, comme c’est d’ailleurs le cas de la plupart des contributions publiées dans ce Bulletin. L’éditeur (?) ayant décidé, dès le premier numéro, de « dépersonnaliser les débats, en supprimant les signatures ».

[15] Poursuivant la réflexion sur le sujet, une voix individualiste ajoute quelques lignes sur « la création et le libertarisme » qui témoignent bien, selon nous, des sentiments de ce courant à l’égard des partisans de l’Internationale : « rien ne se perd, rien ne se crée, a dit Lavoisier. Ce n’est pas un copain des bulletineurs internationalistes. Rien que dans le premier article du B.I.L. [Bulletin de l’Internationale libertaire], adressé je ne sais pourquoi aux anarchistes, article de cinquante ou soixante lignes, on y lit sept ou huit fois les mots créer et création. A présent peut-être que les copains l’ont fait volontairement : ce qu’ils créent est si peu de chose qu’on peut le dire sans se tromper : rien ne se crée. » L’Anarchie, n°80, Paris, 17 octobre 1906.

[16] Les Temps nouveaux, n°42, 16 février 1907. Dans cet article Dunois se demande également s’il n’y a pas « grande illusion à croire les congrès capables de créer quelque chose ? Leur rôle est d’échanger des idées, de confronter des opinions, des faits, des hypothèses, des espérances, — et de laisser à chacun le soin de conclure et d’agir ». Une argumentation, on le voit, assez proche de celle de L’Anarchie dont pourtant tout le sépare.

[17] Ibid.

[18] Op. cit., p. 39.

[19] Ibid.

[20] « L’évolution de l’anarchisme dans le mouvement ouvrier hollandais » in Le Mouvement socialiste, 15 juillet 1905, pp. 392-400.

[21] A propos de l’évolution de certains anarchistes hollandais, Cornélissen fait référence à la philosophie de Stirner prônée dans certain cercles « comme un nouvel évangile même par ceux (ou surtout par ceux) qui ne pouvaient pas lire Stirner, son Unique n’étant pas traduit en hollandais ». Ibid., p. 397.

[22] La Gioventu Libertaria,Bulletin de l’Internationale libertaire, n° 3, février 1907.

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Titre : 5. La préparation du congrès - Syndicalisme, anarchisme et anarcho-syndicalisme en débat au Congrès Anarchiste d?Amsterdam en 1907
par Ariane Miéville
Pour citer cet article : http://www.pelloutier.net/dossiers/dossiers.php?id_dossier=151 (consulté le 24-10-2014)

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